Là on y danse d'Hervé Robbe

Publié le par freesia

Laonydanse.jpg Cette création de 2007 d'Hervé Robbe, pour 7 danseurs et danseuses, comprend quatre tableaux qui voient des costumes simples et plutôt sombres évoluer vers le vif de la couleur. Une montée en puissance de l'énergie, de l'intention, de la vie en somme. Le rideau s'ouvre sur un décor lointain et bancale constitué de gros blocs plus ou moins penchés et dans l'ombre. Ils permettront les entrées et sorties, comme un écran entre coulisses et spectateurs. Pantalons gris, tee-shirts marron, vert ou orange.  Tous les danseurs apparaissent ainsi. Plus tard tous les tee-shirts seront noirs pour finir avec des pantalons clairs et des tee-shirts unis aux couleurs vives.
D'un concerto de Stravinski pour violon, à une composition musicale créée pour la pièce par Romain Kronenberg en passant par des silences ou encore une foison de très courtes répliques lancées à un micro par les danseurs les uns après les autres ("entre parenthèse", "entre nous", "selon la configuration du terrain"...), l'environnement sonore est multiple, parfois surprenant. La musique ne s'arrête pas à la fin lorsque les danseurs saluent. Contraste avec le passage qui s'est fait dans un silence total que seul le mouvement rythmait par sa vitesse mais aussi par les sons corporels (chute, respiration, bruissement des tissus, chaussures...) qu'il engendrait.
Les poupées vêtues de noires excellent du haut de leurs talons à paraître démantibulées.
Soli, duos, trios ou groupe entier, les danseurs se mêlent, se séparent, se rejoignent sans pause, sans que l'accroche ne soit visible. Le regard est alors happé, cherche à comprendre pour finalement se laisser emporter par la valse chorégraphique. Sous des airs épurés, le mouvement est complexe. Fluide mais intentionnel. Catégorique, énergique mais ondulatoire. Multipliant les allers et retours. Composant avec le jeu de l'hésitation, de la légèreté.
La partie dansée sur un air de percussions s'apparentant à un air de cirque est d'ailleurs l'espace le plus enthousiasmant, invitant le spectateur à sourire, à retrouver l'esprit des saltimbanques du début du XXe siècle, l'humeur joyeuse de la foire et de ses performances.
L'univers de Là on y danse tombe à pic en ces temps étouffants.

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