Pandora Box/Body de Fabrice Ramalingom

Publié le par freesia

On découvre Pandora Box/Body d'abord par un assemblage de pans de bois : ils nous font face, comme un panneau géant derrière lequel on voudrait jeter un oeil. Vont en surgir une main puis un pied puis un corps suivi de plusieurs autres qui parcourent ce panneau en se figeant parfois tels des personnages de tableaux puis s'empressent lentement de disparaître derrière. Apparition, disparition, il l'avait bien dit !

Les danseurs s'apparentent à des clones : tous vêtus d'un pantalon et d'une chemise bleu roi et affublés d'une perruque lisse et noire. Les six  vont finalement stopper leur défilé en rang d'oignons et, sur un rythme cadencé électro, débuter une séquence millimétrée d'humour et de références qui parlent. En effet, par un déhanchement léger, par un genou fléchi, par un doigt pointé, de multiples styles de danses bien connues du public sont évoquées. Ces danses que chacun a déjà tenté joyeusement sur une piste un samedi soir. Bref Fabrice Ramalingom est parlant : il n'a pas peur d'insérer dans sa création contemporaine des mouvements populaires qui rassemblent. Le public était réactif.

La pièce n'en est pas moins qualitative, au contraire ! La structure du départ évolue, pour faire apparaître DJ Chloé qui jouait en live depuis le début. Elle s'approche tout en front de scène, toujours derrière sa table recouverte de machines pleines de boutons et de câbles. Les espaces se définissent différemment avec ces jeux de pans de bois qui deviennent tables, estrades, promontoires. Chacun dessine son propre terrain par un solo d'où surgit une identité individuelle d'artiste expressif. L'on devine presque un christ de dos ici (la Passion), une feuille soufflée par le vent là (la Vieillesse?).

Une fin abrupte surprend, nous extirpe brutalement d'un univers qui était devenu bien plus sombre sans pour autant effrayer. Les visages avaient fini par ne plus se voir, les mouvements d'ensemble non plus.

La boîte de Pandore était ouverte sur les maux de l'humanité. Elle se referme en ouvrant notre regard sur les créations du chorégraphe.

EFFERV~1

Publié dans Effervescence

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Joelaindien 15/06/2011 21:59



sympa!