Figures de Germana Civera

Publié le par freesia

figures 3 crédits Mariano HerreraC’est étrange la façon dont Germana Civera nous entraîne dans son processus. De prime abord, la surprise ou la déception s’installe. Aucune danse, pas un seul petit pas, rien. Rien d’autre que la voix de Germana Civera, enregistrée, qui raconte sa relation à sa sœur, à son père… à ceux qui ont dressé son portrait. Pourtant l’artiste qui a collaboré avec Mathilde Monnier, Alain Rigout, Félix Rückert, Jérôme Bel ou Benoît Lachambre, est bel et bien présente ! Elle est arrivée dans une démarche lente, a regardé le public comme si elle le scrutait, puis s’est appuyée contre la table noire, installée au préalable. Un écran attire le regard : le visage de la performeuse y est projeté en gros plan. Grimaces, yoga facial, immobilisme. Parfois, la Germana de chair et d’os observe son visage sur l’écran. Elle reste impassible, ne dévoile rien, comme extérieure à elle-même. Que peut-elle bien se dire ? Puis elle allume une cigarette et la fume tranquillement. Vient alors le sentiment d’être dans sa tête de danseuse ; depuis le début, c’est sa pensée que l’on entend, son âme à laquelle on accède gracieusement. Et cette voix grave berce tout en intéressant ; on veut connaître le fin mot de l’histoire… psychanalyse… portrait impossible… C’est étrange la façon dont on s’est laissé prendre au jeu.

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photo de Mariano Herrera

  

 

Publié dans Effervescence

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