O.C.C.C. de Régine Chopinot

Publié le par freesia

C'était à Nantes, au Lieu Unique, le 24 octobre 2006. Juste le temps de confier les enfants à la baby-sitter, de sauter dans la voiture, d'alpaguer mon chéri au passage et voilà, j'étais assise en face de vous Régine, encore haletante à cause de mon pas de course obligé pour arriver à l'heure à notre rencontre.

Vous avez surgi, entourée de vos danseurs, alors que nous papotions encore. Et là, vous avez pris le temps. Le temps pour nous saluer d'un regard, d'un geste, d'un regard encore. Comme pour découvrir chacun de nous. Comme si nous allions dialoguer tous ensemble pendant une heure. Puis le son est venu et le corps se sont mus...

Et mon désarroi fut complet. Je n'entendais rien à cette musique dont les sons me saoulaient, je ne comprenais pas le langage des danseurs, je regrettais de n'avoir pas lu le résumé de votre spectacle. Bref je vous observais, c'était tout.

L'entrée de la danseuse (était-ce Virginie Garcia ?) m'a giflée, comme réveillée d'une absence. Elle me transmettait son énergie, elle m'éblouissait par sa prestance, elle me secouait sans que je ne me l'explique.

Puis ce fut votre tour, votre temps, votre envie. Et vous m'avez parlé. Je vous devinais jusqu'ici comme un protecteur. Diaphane et présente à la fois, organisatrice et spectatrice de front. Et vous étiez enfin réelle, parlante, remuante. Je comprenais enfin tout ! Quoi exactement ? Je serais incapable de l'expliquer, d'y apposer des mots. Mais j'étais avec vous, convaincue par cet ensemble décor-musique-danseurs, et qui plus est sous le charme. Tout avait désormais un sens, une raison d'être et un intérêt. Votre façon de danser, jusqu'au bout des ongles, jusqu'au bout de tout, votre façon de bouger, votre langage... voilà ce qui me parle ! Voilà ce qui me sort d'un monde dont je ne comprends rien. Peut-être me l'expliquez-vous, ce monde.

Quoi qu'il en soit, bravo à vous sept, pour ces performances techniques qui ne se soupçonnent pas, pour ce jeu, pour cette chorégraphie. Vous voir évoluer comme sur un rouleau de pellicule noir et blanc en positif, parfois comme des ombres chinoises, rien de tel pour me donner envie de reprendre mon vieux Reflex. Enfin merci particulièrement à vous, Régine. Je voulais vous "voir" depuis longtemps. Je n'ai sans doute pas tout compris ainsi que vous l'auriez souhaité. Mais j'ai trouvé mon essentiel. Mon mode d'expression. Le seul que j'entende. Je n'ai plus de doute là-dessus.

 

à bientôt de vous revoir

 

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