Récital par la compagnie Käfig

Publié le par freesia

©D.Tivoli






















Le 22 avril, à Onyx/ La carrière, la
compagnie Käfig interprétait Récital, une création de 1998 pour six danseurs. Karim Beddaoudia, Kader Belmoktar, Hafid Sour, Rémi Autechaud, Amor Ghouila et Mourad Merzouki le chorégraphe ont offert au public leur version, leur vision du concerto classique. Avec humour, énergie, et imprévisibilité, pupitres, violons et archers ont été l'objet d'un jonglage des plus surprenants.
Dès les premiers instants, le spectateur se déride : le sourire affiché sur le visage des danseurs fait un bien fou !  Heureux d'être sur scène, de présenter une histoire bien ficelée, les cinq hommes trahissent leur plaisir de danser et j'aime voir cela. Les têtes sombres, ou du moins théâtrales, intellectualisent trop la danse contemporaine à mon goût, même si elles sont très certainement justifiables. Ici on palpe le bonheur d'être, on entend la joie de se mouvoir, on voit la pulsion de vie.
Les danseurs arrivent l'un après l'autre sur scène par des roulades. Des étuis à violons glissent entre eux, passent de mains en mains, volent d'un homme à l'autre, pour finalement devenir source de percussion. On va les ouvrir, ces coffrets. Ces coffrets magiques d'où rayonne cette lumière qui va faire naître les artistes. Plus tard cinq pupitres vont être installés, qui finiront suspendus au-dessus de la scène. On les approche surpris, on les regarde inquiets, on tente d'en faire usage. En fond de scène, une
talk box s'invite : l'un des danseurs devient une caisse de résonance en quelque sorte. L'effet est étonnant.
Que dire ensuite si ce n'est souligner le solo de Merzouki avec un violon sur une musique arabo-andalouse sublime. Le quintet violoniste qui suit relève de la prestidigitation. L'espace est parfaitement occupé, la lumière est très bien utilisée, les costumes sans se multiplier ont une raison d'être indéniable. Il s'agit sans conteste d'une pièce de qualité. Du hip hop direz-vous? on saute, on glisse, on se jette. Toupies, saut périlleux arrière, smurf etc. Oui bien évidemment, c'est la quintessence même de cette danse qui invite le spectateur à s'émerveiller devant tant d'exploit, tant de consistance, tant de recherche et surtout tant de partage. Sur scène ou dans la salle, le partage se ressent. Chaque danseur interprète à sa façon la chorégraphie de Merzouki : l'un en pianotant constamment avec ses doigts, l'autre en sifflant ou encore en clignant de l'oeil. Le chorégraphe se nourrit de toutes ces particularités et laisse la part belle au style de chaque danseur qui a pu révéler un savoir-faire particulier dans la multitudes des facettes du hip hop.
Le tout s'achève après les saluts enjoués avec un boeuf des plus délectables.

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