Les plaisirs et les jours, solo d'Hervé Maigret interprété par Christine Labadie

Publié le par freesia

Crédit photo : Cie ngc25
Directeur artistique et chorégraphe de la cie ngc25 : Hervé Maigret
Assistant chorégraphe : Stéphane Bourgeois
Interprète : Christine Labadie
"Ce solo est une respiration intimiste à l'abri du regard des curieux. Travail d'un chorégraphe sur une interprète, une sensibilité, une vie. Travail de la femme et du quotidien transformé, exacerbé, refoulé." Hervé Maigret

Si vous voulez savoir ce qui peut être chorégraphié à partir d'un fauteuil, comment l'on peut danser à partir de livres au sens propre comme au figuré, alors ce solo est pour vous. Qualifiée de "solo en appartement", cette pièce de 45 minutes se déroule à proprement parlé dans le salon d'un particulier. Dans cet espace privé, confiné, Christine Labadie révèle comment chacun à notre façon nous dansons en prenant notre petit déjeuner, comment une journée peut devenir une vie ou l'inverse, comment un parcours atypique comme le sien mène à l'épanouissement. Tout cela avec autant de poésie et de finesse que d'humour.
Passons donc une journée avec Christine Labadie que l'on trouve assise dans un grand fauteuil, vêtue d'une petite robe noire et blanche qui sera plus tard objet de danse. Elle boit sereinement son thé, grignote quelques tartines, une vieille platine laisse planer un air jazzy. Où veut-elle en venir? Nulle part puisqu'elle y est ! Dans son salon, dans sa matinée, à son aise. La connivence avec chaque objet installé et mise en scène devient évidente peu à peu et le rythme s'accélère. Les musiques varient, de tout style comme la valse ou l'électro, pour laisser parfois des respirations silencieuses où seul le mouvement chante. Les changements de costumes sont multiples qui s'achèvent sur une robe de soirée rutilante qui sublime la danseuse qui s'assume dans tous les sens du terme. Entre temps maintes fois l'on s'est inquiété de l'équilibre incertain du fauteuil, la batterie improvisée a charmé, l'inhalateur-tourne-disque a étonné, le coquillage et les avions de papier ont ravi. Qu'il est intéressant ce micro-univers qui se lit comme on le veut, au propre comme au figuré ! La "danse du fauteuil"  reste pour moi une surprise des plus jubilatoires.

Cette pièce qui relève de la performance à chaque fois qu'elle s'adapte au lieu qui l'accueille ouvre les portes sur une danse qui s'invite, va à la rencontre de tous. Et Christine Labadie qui se questionne sur "la mémoire et le potentiel du corps" apporte de véritables bouffées de vie, d'espoir.

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