La edad de oro par Israel Galvan

Publié le par freesia

Video extraite de Solea por bulerias


La edad de oro
signifie l'âge d'or Interprété par Israel Galvan, ce flamenco est une invitation à découvrir un univers... parlant, expressif et moderne.

Une scène, trois chaises éclairées. Vont s'y installer le plus simplement du monde Fernando Terremoto le chanteur, Alfredo Lagos, le guitariste et Israel Galvan le danseur. Comme toujours, les plus grands sont les plus humbles et ce soir, de cette humilité a jailli une expression pure. Ici on ne chante pas, on s'égosille, on ne joue pas de guitare, on joue avec la guitare, on ne n'exprime pas par le mouvement, on l'extirpe de soi. Difficile à décrire et pourtant évident quand on le voit.
Israel Galvan écrase un peu de collophane sous ses semelles avant de s'installer en bord de scène, de profil, chemises noire aux manches retroussés, pantalon noir. Il a laissé la trace de ses pas derrière lui. Sa main fend lentement l'air de bas en haut. La mise sous tension est faite.
Pendant plus d'une heure, le trio a fait la part belle tour à tour au chant, à la musique et à la danse pour s'unir deux à deux régulièrement puis à trois. Je n'oublierai pas les minutes pendant lesquelles le chanteur a rejoint a capella Israel Galvan au centre de la scène comme pour mieux lui insuffler ses paroles dans les muscles.  De même que ces claquements de mains rythmant la musique résonnent encore dans ma tête. Harmonie. Les instants s'enchaînent et coulent naturellement.
Le danseur savoure aussi quelques moments de silence pour faire claquer la scène sur laquelle des capteurs sont installés et renvoient l'intensité au spectateur. Parfois il s'éclipse dans la pénombre, ou s'affale sur l'une des chaises comme s'il avait tout dit, tout donné, tout crié mais très vite une crispation l'anime pour mieux nous surprendre.
Force, puissance. Israel Galvan captive : ses sourcils sont froncés, puis son regard devient frondeur, des grimaces traduisent la violence de ses sentiments. Il est habité. Le tempo est donné par ses pas saccadés propres au flamenco mais aussi et surtout par tous ces claquements de mains contre ses cuisses, ses claquements de doigts ou encore le choc de ses phalanges contre ses dents. Il s'approprie le flamenco, l'adapte à son temps, à son corps, à son désir. La fougue est certaine, l'humour présent, l'inventivité indéniable et la technique plus que maîtrisée. Ce qu'il aime ? Surpasser le danger en défiant les équilibres, en multipliant les accélérations comme un Paganini. Même s'il ne s'"efforce pas de chercher à tout prix."
Moi qui avais peur de me lasser, j'ai été contredite. Les yeux de Fernando Terremoto fixant Israel Galvan comme inspiré par chacun de ses gestes, nourri par chacun d'eux, m'ont subjuguée. La précision du danseur, sa concentration allant jusqu'à laisser claquer sa langue au rythme de ses pas comme s'il scandait des vers m'ont laissée croire que chaque pas était une syllabe, chaque pause une ponctuation, chaque accélération un saut de paragraphe. Le texte est cru, marquant et impliquant. Ecrit par un homme bien de son temps aux racines ancrées dans ses pieds virtuoses.
Un univers à découvrir absolument.

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gélinotte/un ange passe 01/02/2008 15:13

je vais voir la maison de loth de faizal zeghoudi ce soir, j'en reparle la semaine prochaine.Bon week end

freesia 04/02/2008 13:04

j'ai vu ton post ! effectivement quelle claque ce devait être! a+