Expo photos
du 15 mai au 15 juin2008 Atelier Sablereau 10, rue du Vieux Couvent 85600Montaigu tél.02 51 94 11 21
Avis
Je suis à la recherche de danseurs et chorégraphes qui accepteraient que j'assiste à leurs répétitions afin d'effectuer un travail photo (sans flash) sur le
mouvement. Mon contact se trouve tout en bas de la page. Merci !
La edad de oro signifie l'âge d'or. Interprété par Israel Galvan, ce flamenco est une
invitation à découvrir un univers... parlant, expressif et moderne.
Une scène, trois chaises éclairées. Vont s'y installer le plus simplement du monde Fernando Terremoto le chanteur, Alfredo Lagos, le guitariste et Israel Galvan le danseur. Comme toujours, les plus
grands sont les plus humbles et ce soir, de cette humilité a jailli une expression pure. Ici on ne chante pas, on s'égosille, on ne joue pas de guitare, on joue avec la guitare, on ne n'exprime pas
par le mouvement, on l'extirpe de soi. Difficile à décrire et pourtant évident quand on le voit.
Israel Galvan écrase un peu de collophane sous ses semelles avant de s'installer en bord de scène, de profil, chemises noire aux manches retroussés, pantalon noir. Il a laissé la trace de ses pas
derrière lui. Sa main fend lentement l'air de bas en haut. La mise sous tension est faite.
Pendant plus d'une heure, le trio a fait la part belle tour à tour au chant, à la musique et à la danse pour s'unir deux à deux régulièrement puis à trois. Je n'oublierai pas les minutes pendant
lesquelles le chanteur a rejoint a capella Israel Galvan au centre de la scène comme pour mieux lui insuffler ses paroles dans les muscles. De même que ces claquements de mains rythmant la
musique résonnent encore dans ma tête. Harmonie. Les instants s'enchaînent et coulent naturellement.
Le danseur savoure aussi quelques moments de silence pour faire claquer la scène sur laquelle des capteurs sont installés et renvoient l'intensité au spectateur. Parfois il s'éclipse dans la
pénombre, ou s'affale sur l'une des chaises comme s'il avait tout dit, tout donné, tout crié mais très vite une crispation l'anime pour mieux nous surprendre.
Force, puissance. Israel Galvan captive : ses sourcils sont froncés, puis son regard devient frondeur, des grimaces traduisent la violence de ses sentiments. Il est habité. Le tempo est donné par
ses pas saccadés propres au flamenco mais aussi et surtout par tous ces claquements de mains contre ses cuisses, ses claquements de doigts ou encore le choc de ses phalanges contre ses dents. Il
s'approprie le flamenco, l'adapte à son temps, à son corps, à son désir. La fougue est certaine, l'humour présent, l'inventivité indéniable et la technique plus que maîtrisée. Ce qu'il aime ?
Surpasser le danger en défiant les équilibres, en multipliant les accélérations comme un Paganini. Même s'il ne s'"efforce pas de chercher à tout prix."
Moi qui avais peur de me lasser, j'ai été contredite. Les yeux de Fernando Terremoto fixant Israel Galvan comme inspiré par chacun de ses gestes, nourri par chacun d'eux, m'ont subjuguée. La
précision du danseur, sa concentration allant jusqu'à laisser claquer sa langue au rythme de ses pas comme s'il scandait des vers m'ont laissée croire que chaque pas était une syllabe, chaque pause
une ponctuation, chaque accélération un saut de paragraphe. Le texte est cru, marquant et impliquant. Ecrit par un homme bien de son temps aux racines ancrées dans ses pieds virtuoses.
Un univers à découvrir absolument.
Bon week end