Ta femme en kit, par la compagnie Bobaïnko

Publié le par freesia

Ta-femme-en-Kit--Alexandre-Girard-.jpg©Alexandre Girard

Onyx/ La Carrière ouvrait  vendredi dernier sa saison avec une chorégraphie déridante : Ta femme en kit conçue par la compagnie (locale, je crois) Bobaïnko. Trente cinq minutes pour développer une vision de la femme multifonction ; j'avais peur de découvrir une pièce métaphysique, impossible à saisir et déjà vue. Mais c'était sans compter sur la finesse d'esprit des chorégraphes et interprètes, Domitille Blanc, Aurélie Burgeot, Vanessa Morisson (ou était-ce Marie Rual ce soir-là?) et leur humour ! 
En effet  la surprise était totale. 
La composition sonore mêle  chansons  niaiseuses (pardon!), rythmes soutenus  ou que sais-je encore et ne cesse de surprendre.  Le rideau  s'ouvre  sur un plateau éclairé à la lumière noire dont ne ressortent que trois "îles" blanches, des îles flottantes, dont on ne  découvre que par éclairs  qu'il s'agit des trois meringues... trois mariées : une rousse, une blonde, une brune.  Maquillées à la façon de ces fameuses poupées stéréotypées, les jeunes danseuses excellent dans des rôles de composition, poussés jusqu'au ridicule, empreints de dérision. Automates parfaites, copines en pleine connivences, femmes aux batteries à plat, mères, amantes (je ne dévoilerai pas LA surprise concernant la mise en scène qui est à hurler... de rire !), ménagères, rebelles. Les facettes changeantes de la femme sont passées en revue, avec humour, espièglerie et pertinence. La multitude d'allusions à des références culturelles fait penser à des textes de Claude M'Barali.
Ces interprètes ne se prennent pas au sérieux pour le plus grand bonheur du public et des zygomatiques concernés. Et tout cela n'aurait été possible sans une maturité certaine, une réflexion poussée, un travail chorégraphique complet. Un seul bémol à cette fougue chorégraphiée : si la variété des costumes dynamise la pièce, le port de la robe de mariée dure peut-être un peu trop longtemps et dessert la chorégraphie pure. Ces meringues cachent la quasi-totalité de vos gestes ! Et d'autre part, le concept l'emporte peut-être sur la danse : le passage au sol avec les volants des robes qui servent à astiquer le sol se fait sur une musique très rythmée qui m'a fait espérer une chorégraphie boostée. Ah la la, ce spectateur... jamais rassasié ! Disons que c'était très théâtral pour moi mais que pour une fois, j'ai aimé ça. Bref voilà une compagnie dont la vison de la danse est unique. à suivre de près et à encourager !
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