Expo photos
du 15 mai au 15 juin2008 Atelier Sablereau 10, rue du Vieux Couvent 85600Montaigu tél.02 51 94 11 21
Avis
Je suis à la recherche de danseurs et chorégraphes qui accepteraient que j'assiste à leurs répétitions afin d'effectuer un travail photo (sans flash) sur le
mouvement. Mon contact se trouve tout en bas de la page. Merci !
Il y a les râleurs, il y a les déprimés...
Il y a ce temps pluvieux, ma pauv' dame !
et pendant ce temps-là, il y en a qui créent : voici donc une vidéo découverte ici. Rien de tel pour me donner la pêche !
Silence, chorégraphie de Claude brumachon. Cette création de 2007 a été présentée ce mois-ci dans le cadre des Connivences de juin, biennale de la danse conteporaine qui a lieu tous les
deux ans au Studio Jacques Garnier du Centre chorégraphique national de Nantes.
Selon l'auteur, "Silence [est] l'allégorie à la liberté prisonnière" qui pour lui "illustre l'humain du XXIe siècle".
Sans doute.
Pour moi, il s'agit avant tout de 50 minutes inoubliables d'un solo qui se termine dans la fratrie, la gemellité. Benjamin Lamarche y est intarissable, inépuisable, indicible. Ce géant de chair et
d'os témoigne ici d'une frénésie, d'une solitude ainsi que d'une dualité purement racontées par des gestes inattendus et inexplicables mais d'une puissance incomparable.
Le contexte n'est donné que par deux palettes posées au sol, diamétralement opposées, figurant une île ou un piedestal ou une boîte crânienne, qui sait?
La musique (eh oui!) y est plurielle : techno pour l'entrée, électro, chant, sons d'oiseaux, bruit du clapotis de l'eau contre une coque (du moins ai-je aimé l'imaginer) ou encore violon. (Il me
semble d'ailleurs que, pour qui n'aime pas la techno, Silence est l'occasion de voir quelle beauté peut être créée sur ce type de musique).
Dans la lenteur et le calme, le danseur retranscrit la vague et cette sensation de flottaison. Puis dans un jeu avec la palette, il défie l'équilibre. Plus tard, il va jouer avec ce drap d'une
jaune intense, son soleil, sa protection, son vêtement. Ces passages-là enivrent particulièrement.
Mais ce sont aussi la fureur et l'excitation, voire la crispation, rythmées par la célérité d'une respiration vitale, qui inondent le plateau dans un boucan résumant le paradoxe. L'entrée sur scène
est d'ailleurs fantastique !
Multiples facettes pour un seul homme. Homme seul face à ses multiples. Silence en dit long... sur lui... sur nous.