Expo photos
du 15 mai au 15 juin2008 Atelier Sablereau 10, rue du Vieux Couvent 85600Montaigu tél.02 51 94 11 21
Avis
Je suis à la recherche de danseurs et chorégraphes qui accepteraient que j'assiste à leurs répétitions afin d'effectuer un travail photo (sans flash) sur le
mouvement. Mon contact se trouve tout en bas de la page. Merci !
Insolents solistes est la cinquième pièce de la compagnieKLPfondée en 2003. Cette création de 2008, co-écrite par Sofian Jouini et Brice Bernier, était présentée fin
avril àOnyx/La Carrière.
Un décor sobre composé de cubes, de bancs et d'un mur en arrière-plan, donne l'occasion aux danseurs de jouer avec l'espace, les niveaux, les volumes. De ce fond aux couleurs sombres se détachent
aisément les corps rouge, jaune, vert. Chacun est vêtu d'un simple pantalon et d'un tee-shirt coordonné. Les baskets crissent et les jeux de lumière mettent en valeur soli et mini-battle.
Le rideau s'ouvre sur une rangée d'hommes aux mouvements très lents. Le spectateur doit en profiter pour charger ses batteries car la montée en puissance de la pièce va être rapide et durer 55
minutes sans un seul temps mort. Les interprètes vont évoluer ensemble ou par duos et trios synthétisant la danse hip hop sans en oublier une miette. Les choix musicaux sont une fois de plus
(voirici) pertinents. Les soli révèlent la spécialité de chacun, sa dextérité, son engouement. Il est indéniable que la vivacité et l'énergie réquisitionnées sont
gigantesques. Les corps se tordent en rythme, sautent dans le vide, défient le sol. Les prises de risque sont flagrantes et pourtant tout n'est que plaisir et dynamisme.
Brice Bernier, Karim Bouheudjeur, Nabil Elkhayer, Hocine Jouini et Jérôme Monar ont partagé leur art avec force et passion. Ce soir-là leur courage émouvait le public puisque leur ami et sixième
danseur de cette pièce, Sofian Jouini, était absent, victime d'un accident sérieux lors d'une répétition. Force est de constater que la troupe s'est surpassée pour lui. Souhaitons-lui un prompt
rétablissement.
Le spectacle continuait ensuite par une battle entre KLP et une troupe américaine de leurs amis, dans le hall de l'Onyx.
Le 30 avril 2008 était à marquer d'une croix pour qui souhaitait découvrir l'univers d'Yvann Alexandre. Pas moins de deux heures trente de spectacle entrecoupées d'un entracte pop,
au Jardin de verre à Cholet (49) retraçaient 15 ans de création chorégraphique. Oui, quinze ans de recherche, de don, d'expression de cet homme qui vient de passer le cap de la trentaine et qui
n'en est pas moins empreint d'humilité ainsi que le témoigne l'autodérision dont il fait preuve dans solo ay (la comédienne Anne Morineau fait répéter le chorégraphe) !
La soirée surprend le spectateur dès la première minute puisqu'elle s'ouvre sur une altercation entre un homme et une femme qui s'installent côte à côte,assis sur des chaises,sur scène face au public. Carole Lanier et Julien Girardinterprètent un extrait de La tentation d'exister ; le public encore éclairé sourit déjà. Puisdes
extraits des pièces Brumes d'Amour, Loony, Orchiday's!, Silences duos, Le corps sombre, s'enchaînent avec fluidité révélant des ressentis différents,
des sensations variables, soulignant telle facette de la relation à l'autre chère à Yvann Alexandre, telle évolution vers l'émotion, le bouleversement pur, la vie en somme. Justine Allereau,
Guillaume Chevereau, Saül Dovin, David Drouard (dont je vous parlaisicietlà), Kevin Bruneel, Karen Morello
dansent ces instants comme autant d'évidences, ici dans l'humour, là dans la profondeur. Les gestes sont francs et moelleux, vifs sans violence. Les entrelacs rivalisent de subtilité. La musique
est primordiale tout comme les silences. Elle est diverse tout comme les regards vers l'autre. Et le plaisir de palper une danse rythmée par le seul bruit des vestes portées puis retirées, des
respirations ou des pas d'un danseur qui accélère, sa course est indéniable !
Pour cet anniversaire, Yvann Alexandre a aussi donné carte blanche aux interprètes. Ainsi Kevin Bruneel subjugue-t-il lors d'un solo qu'il a créé à partir d'un geste de plusieurs créations du
chorégraphe. Ou bien est-ce Karen Morello qui joue avec la symbolique en revisitant enceinte un solo créé pour elle en 2000. Ou encore Sabrina Duprè qui, avec Guillaume Chevereau, "remixe" un
extrait du Corps sombre. Mais le champ libre est aussi offert à des vidéastes comme Claude Maurin, réalisateur de toutes les vidéos des pièces d'Yvann Alexandre.
Enfin la transmission est de mise puisque des soli extraits de Brumes d'Amour ont été relus par Justine Allereau puis intérprétés par deux professeurs des associations choletaises de
pratique amateur.
Bref, un spectacle total invitant à la découverte d'une autre façon de considérer la danse contemporaine, celle d'Yvann Alexandre dans le respect de l'art, de l'artiste et dans la volonté de
l'ouverture aux autres.
Au Quatrain à Haute-Goulaine le 11 avril, leBallet de Lorraineproposait un historique de la danse contemporaine. Une heure et demie ne
pouvait évidemment suffire à tout relater, il fallait donc procéder à un choix. Le public put donc découvrir deux pièces de trois minutes d'Isadora Duncan, Lamentation de Martha Graham,
Une danse blanche avec Eliane de Dominique Bagouet, Two de Russell Maliphant et un duo de Christophe Béranger. La deuxième partie était consacrée à la Jeanne d'Arc de
Joëlle Bouvier.
Je regrette que le nom des interprètes n'aient pas été mentionné.
Avec La mère d'Isadora Duncan, c'est tout le naturel du corps drapé dans une robe à la grecque qui surgit. Une danse épurée, où tout se joue sur une diagonale : celle de la vie. Lenteur et
importance du geste presque théâtralisé. Et l'on réalise que le corps d'une femme est gracieux par nature. Lamentation deGrahammet en scène une danseuse glissée dans un tube de tissu, assise sur un banc. Jamais on ne verra son visage car elle incarne la peine elle-même, jouant des
contorsions de son buste, des imbrications entre ses membres, et des différentes mises en place du tissu.
Le duo deBagouetréveille. Un accordéoniste sur la scène, un danseur comme mu par la musique entraînante. Connivence entre les deux, gaîté, énergie. Two deMaliphantinstalle une danseuse en avant-scène, cloitrée dans un carré lumineux figuré sur le sol, le rai de lumière à son aplomb. Le rythme de la musique engendre une
montée en puissance du mouvement. La rapidité finale des bras et jambes génère un effet visuel épatant. La suite de mouvements campe la danseuse sur ses jambes et donne quasiment un pouvoir
d'attraction à son dos qui est constamment imposé au spectateur.
La démarche est réellement intéressante car, même si l'on a entendu parler d'une Duncan ou d'une Graham, on s'imagine mal les chorégraphies maintes fois décrites. Un livre vivant tel celui que nous
propose le Ballet de Lorraine est indispensable à la compréhension, la transmission et la connaissance de la danse à travers les décennies.
Une mention toute particulière pour l'interprète de Two qui m'a subjuguée. Il faut dire que les créations de Russell Maliphant m'enthousiasment. Je vous invite à voir Two interprété par
Sylvie Guillemici.
Enfin avecJoëlle Bouvieron retrouve un extrait de Jeanne d'Arc, créée en 2003 pour 10 danseurs du Ballet de Lorraine. Beaucoup de mise en scène astucieuse avec plusieurs
planches longues et étroites qui servent tour à tour à cloisonner, à cloîtrer, mais aussi à soutenir lorsqu'il s'agit d'aider la belle à monter ou descendre. Des chorégraphies de groupes, des sons
de feu, de chevaux, de combat. Et finalement peut-être trop de sons.